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La réponse de Philippe Piat à Jean-Michel Aulas

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Philippe Piat, à droite, a répondu à Jean-Michel Aulas.
Philippe Piat, à droite, a répondu à Jean-Michel Aulas.

Co-président de l'UNFP, Philippe Piat a répondu aux nouvelles déclarations de Jean-Michel Aulas au sujet de l'arrêt de la saison. Il estime qu'il est encore trop tôt pour tirer des conclusions sur la décision prise par la LFP le 30 avril dernier.

"On se dit qu'on est vraiment trop cons, excusez-moi du terme". Ces propos concernant l'arrêt définitif de la Ligue 1 sont signés Jean-Michel Aulas et sont parus ce dimanche matin dans L'Equipe. A l'occasion d'une énième sortie médiatique, le président lyonnais a de nouveau taclé la décision de la LFP et ses dirigeants. Ce dimanche soir, Philippe Piat, le co-président de l'UNFP, le syndicat des joueurs, lui répond, encore une fois dans les colonnes de L'Equipe.

"C'est sûr que si tout le monde reprend sauf nous, la question peut se poser. Pourquoi les autres et pas nous ?" s'interroge-t-il. "Après, je ne sais pas dans quelles conditions cela va reprendre en Espagne, si les autres pays ont été aussi attentifs que nous aux problèmes sanitaires. Il n'y a pas eu non plus les mêmes prises de position du gouvernement à l'étranger. C'est l'avenir qui dira qui a eu raison, qui a eu tort. Pour moi, il y a toujours un danger et il faut qu'il soit soupesé" ajoute-t-il.

La décision de Canal + a fait pencher la balance

Selon le représentant de l'UNFP, les conclusions devront être tirées une fois cette situation derrière nous et pas avant. "On verra à la fin si on est des cons. C'est l'avenir qui nous le dira" affirme-t-il, puis de révéler que la décision de Canal + de mettre fin à son contrat à consolider la position des dirigeants français. "Mais il y a un élément capital qui a joué sur l'arrêt de la L1. La LFP était prête à reprendre le 17 juin. C'est le courrier de Canal + annonçant la rupture du contrat sur les droits télé (le 30 avril), peu avant un conseil d'administration, qui a été la goutte d'eau. Et ce même si le Championnat allait au bout. Si c'était pour reprendre avec le risque sanitaire, à huis clos et sans l'argent des droits télé, certains se sont dit, à quoi bon ?"

Pas question néanmoins de faire le procès du principal diffuseur du championnat de France. "C'est un peu plus compliqué. Canal a dit qu'il n'était pas le banquier du foot français. C'est leur point de vue, mais la position peut se comprendre. Là, on était parti sur des journées en multiplex et Canal, dans ses contrats, avait trois dates, le vendredi, le samedi et le dimanche. Il y avait un contrat pour une offre et, à partir du moment où elle n'était plus garantie..." ajoute Philippe Piat. Concernant les championnats qui reprennent, il estime qu'ils "font un pari sur l'avenir" puisque " la question d'une deuxième vague est toujours d'actualité."

Pour ce qui est de faire machine arrière, le co-président de l'UNFP est pessimiste et estime que cela est désormais impossible. "Reprendre le 17 juin, comme prévu à la base, ça me semble impossible après une si longue coupure. Les joueurs n'ont pas repris l'entraînement. Certains disent aujourd'hui que quinze jours de réathlétisation sont suffisants pour rejouer. Mais, bizarrement, on nous a toujours dit que huit semaines de préparation physique étaient nécessaires entre deux saisons de Championnat. Ce n'est pas simple. Peut-être qu'on a fait fausse route. Mais on le saura à la fin."